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    Le pays va mal

     
     
     
    Tiken Jah Fakoly -  Le pays va mal
             
     
    Tiken Jah Fakoly chante que son pays va mal, de mal en mal.
    Ici aussi, le pays va mal. 
     
      
    Toulouse, le 29 janvier. 
     
    Une pause dans un monde en turbulence avec des extraits du Tao Te King de Lao Tseu. 
     
    Quelques extraits sur ceux qui gouvernent, 
    et plus généralement sur nos "affaires intérieures", entre soi et soi. 
     
    Chapitre 24
    Qui se donne à voir n'illumine pas
    Qui se fait valoir ne resplendit pas
    Qui agite ses succès est sans mérite
    Qui vante ses exploits ne règne pas longtemps.
     
    Chapitre 30
    Une défense résolue sans ostentation
    Une défense résolue sans présomption
    Une défense résolue sans provocation
    Une défense résolue qui se bat à contrecoeur 
    Une défense résolue sans esprit de puissance.
     
    Chapitre 63
    Qui légèrement promet
    Trouvera peu de crédit
    Qui trouve tout aisé
    N'aura que des ennuis
     
    Chapitre 64 
    Ce qui est en repos est aisé à tenir
    Ce qui est latent est aisé à prévenir
    Ce qui est fragile est aisé à briser
    Ce qui est ténu est aisé à disperser
    Agir n'attend pas ce qui n'est pas encore
    Gouverner prévient la venue des désordres
     
     

    Novembre

     

     
    En allant sur le site de la météo, j'ai vu une rubrique "les dictons de la saison" ; cela m'a fait penser à ce qu'on entendait petits quand on pleurait en coupant les oignons : plus ça pique, plus l'hiver sera froid. 
    En voici quelques-uns pris sur le site :
    - Automne clair, hiver venteux.
    - Pluie abondante pendant l'automne annonce printemps sec.
    - Automne en fleurs, hiver plein de rigueur.
    - Bel Automne, printemps pluvieux.
    - Brouillards d'automne, beau temps nous donnent.
    - D'été bien chaud vient un automne pendant lequel il tonne. 
    - En novembre si la première neige ne prend pas, de l'hiver elle ne prendra.
    Ici on a eu beaucoup de pluies et la 1ere neige n'a pas pris, aura-t-on un printemps sec et un hiver sans verglas ? Wink   
     
     
     
     

    La pluie au jardin fait des bulles ;
    Les hirondelles sur le toit
    Tiennent des conciliabules :
    Voici l’hiver, voici le froid
    !

    (Théophile Gautier)

     
     
    On a une vague de froid depuis quelques jours et c'est plutôt la neige dans certaines régions que les couleurs de l'automne mais quand je marche et que je vois toutes ces feuilles par terre, en tas ou éparpillées, qui ont dénudé les arbres, je me dis que j'aime bien l'automne avec ses couleurs chaudes, cet après-été des fois caniculaire, malgré ses pluies mais dont le bruit la nuit endort, et son vent parfois agaçant mais encore doux.
     E
      
    Aux lisières lointaines, les cerfs ont bramé
    Et que j'aime ô saison, que j'aime tes rumeurs
    Les fruits tombant, sans qu'on les cueille
    Le vent et la forêt qui pleurent
    Toutes leurs larmes en automne feuille à feuille.
    Les feuilles qu'on foule,
    Un train qui roule
    La vie s'écoule...
     
    (Guillaume Apollinaire)
     
     
    En automne, je récolterai toutes mes peines et les enterrai dans mon jardin. Lorsque avril refleurit et que la terre et le printemps célèbrèrent leurs noces, mon jardin fut jonché de fleurs spendides et exceptionnelles. (Khalil Gibran)  

    Tam-tam de nuit - Jour et nuit

     
     
    Je dirais orage. Je dirais fleuve. Je dirais tornade. Je dirais feuille. Je dirais arbre. Je serais mouillé de toutes les pluies, humecté de toutes les rosées. Je roulerais comme du sang frénétique sur le courant lent de l’œil des mots en chevaux fous en enfants frais en caillots en couvre-feu en vestiges de temple en pierres précieuses assez loin pour décourager les mineurs. Qui ne me comprendrait pas ne comprendrait pas davantage le rugissement du tigre.
     
     

                                                                                                                                                                             
                                                                                                                                                                                                                                               Partir. Mon cœur bruissait de générosités emphatiques. Partir... j'arriverais lisse et jeune dans ce pays mien et je dirais à ce pays dont le limon entre dans la composition de ma chair :
    « J'ai longtemps erré et je reviens vers la hideur désertée de vos plaies ».
     
    Je viendrais à ce pays mien et je lui dirais :
    «Embrassez-moi sans crainte... Et si je ne sais que parler, c'est pour vous que je parlerai».
     
    Et je lui dirais encore :
    « Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n'ont point de bouche, ma voix, la liberté de celles qui s'affaissent au cachot du désespoir. »
     
    Et venant je me dirais à moi-même :
    « Et surtout mon corps aussi bien que mon âme, gardez-vous de vous croiser les bras en l'attitude stérile du spectateur, car la vie n'est pas un spectacle, car une mer de douleurs n'est pas un proscenium, car un homme qui crie n'est pas un ours qui danse... »
     
    (Cahier d'un retour au pays natal)
       Retour au village avec les enfants
                                                                                                
                                                                                                Les trois bambous - Michèle Cadoret
     
    allo allo encore une nuit pas la peine de chercher c'est moi l'homme des cavernes
    il y a les cigales qui étour- dissent leur vie comme leur mort
    il y a aussi l'eau verte des lagunes même noyé je n'aurai jamais cette couleur- là pour penser à toi
    j'ai déposé tous mes mots au monts de-piété un fleuve de traineaux de baigneuses dans le courant de la journée blonde comme le pain et l'alcool de tes seins
     
    allo allo je voudrais etre à l'envers clair de la terre le bout de tes seins à la couleur et le gout de cette terre-la
     
    allo allo encore une nuit il y a la pluie et ses doigts de fossoyeur il y a la pluie qui met ses pieds dans le plat sur les toits la pluie a mangé le soleil avec des baguettes de chinois
     
    allo allo l'accroissement du cristal c'est toi...c'est toi ô absente dans le vent et baigneuse de lombric quand viendra l'aube c'est toi qui poindras tes yeux de rivière sur l'émail bougé des îles et dans ma tête c'est toi le maguey éblouissant d'un ressac d'aigles sous le banian
     
    (Le crystal automatique)
    Aimé Césaire
     
     

    Traces de pas



     

     

     

    Tout passe

    et tout demeure

    Mais notre affaire est de passer,

    De passer en traçant

    Des chemins,

    Des chemins sur la mer.

    Voyageur, le chemin

    C'est les traces

    de tes pas.

    C'est tout ; voyageur,

    il n'y a pas de chemin,

    Le chemin se fait en marchant.

    Le chemin se fait en marchant

    Et quand tu regardes en arrière

    Tu vois le sentier

    Que jamais

    Tu ne dois à nouveau fouler

    Voyageur! Il n'y a pas de chemins

    Rien que des sillages sur la mer

     

    Antonio Machado

     

     

    Des mots de l’âme et des maux doux en paroles

     
     
    « Au revoir. Non, il n'y a personne pour nous voir. Qui se soucie en somme d'un homme qui prend son train, le soir dans une gare pour autre part.
    Mais soudain, voilà que ton train démarre. Nous n'avons pas eu le temps de nous dire au revoir. Nous étions bien ensemble. Au revoir. »
     
    « Avec sa gueule de carême, avec ses larges yeux cernés, elle nous fait le cœur à la traîne, elle nous fait le cœur à pleurer, elle nous fait des mains blêmes et de longues nuits désolées. La garce ! Elle nous ferait même l'hiver au plein cœur de l'été. » (la solitude)
     
    « Tu me fais la mer et les dunes et des plages au clair de la lune.
    Tu es venu, oh ! bien venu et tu m'as griffée, en douceur, là, juste à la pointe du cœur. »
     
    « Ça ne prévient pas quand ça arrive. Ça vient de loin, ça c'est promené de rive en rive la gueule en coin et puis un matin, au réveil c'est presque rien mais c'est là, ça vous ensommeille au creux des reins.
    Le mal de vivre qu'il faut bien vivre, vaille que vivre. »
     
    « Toi, tu n' es pas Verlaine, toi, tu n' es pas Rimbaud, mais quand tu dis "je t' aime", Oh ! mon dieu, que c' est beau, bien plus beau qu' un poème de Verlaine ou de Rimbaud. »
     
    « Ils ont beau vouloir nous comprendre ceux qui nous viennent les mains nues. Nous ne voulons plus les entendre. On ne peut pas, on n'en peut plus et tout seul dans le silence d'une nuit qui n'en finit plus voilà que soudain on y pense à ceux qui n'en sont pas revenus. »
     
    « L'amour nous menait en voyage. Longtemps, nous avons navigué, la mer se cognait au rivage. Dans tes yeux, je me suis noyée. »
     
    « Je pense à vous qui marchez vos vies, de courage en espoir, de rage en désespoir. »
     
    « Le jour où tu viendras, ne prends pas tes bagages. Que m'importe, après tout, ce qu'il y aurait dedans, je te reconnaîtrai à lire ton visage. »

     

     
    Barbara me fait penser à une autre longue dame brune que je connaissais et qui est partie également. C’est une des raisons pour lesquelles j’ai de la tendresse pour elle même si je ne connaissais pas encore ses chansons quand elles étaient sur toutes les lèvres ; mais il est de ces airs qui ne partent pas avec le temps : qui dans l’ Hexagone et peut-être ailleurs, n’a pas déjà entendu l’Aigle noir par exemple ?  
        
     

    Rencontres

     

    C'était sur une grande route, je marchais là depuis des jours, voire des semaines ou des mois, je marchais là depuis toujours. Une route pleine de virages, des trajectoires qui dévient, un chemin un peu bizarre, un peu tordu comme la vie. Evidemment je n'étais pas tout seul, j'avais envie de faire connaissance. Y'avait un tas de personnes et personne ne marchait dans le même sens.

    J'ai rencontré la poésie, elle avait un air bien prétentieux. Elle prétendait qu'avec les mots on pouvait traverser les cieux. J'lui ai dit : « Je t'ai déjà croisée et franchement tu ne vaux pas le coup ». On m'a parlé de toi à l'école et t'avais l'air vraiment relou mais la poésie a insisté et m'a rattrapé sous d'autres formes. J'ai compris qu'elle était cool et qu'on pouvait braver ses normes.

    Puis j'ai rencontré la détresse et franchement elle m'a saoulé. On a discuté vite fait mais rapidement je l'ai refoulée. Elle a plein de certitudes sous ses grands airs plein de tension. Mais vous savez quoi ? La détresse, elle n'a pas de conversation.

    Un moment sur ma route j'ai rencontré l'amour. J'lui ai dit : « Tiens tu tombes bien, je veux te parler depuis toujours. Dans l'absolu t'es une bonne idée mais dans les faits c'est un peu nul. Tu pars en couille une fois sur deux, faudrait que tu retravailles ta formule ». L'amour m'a dit : « Ecoute petit, ça fait des siècles que je fais mon taff alors tu me parles sur un autre ton si tu veux pas te manger des baffes. Moi je veux bien être gentille mais faut que chacun y mette du sien. Les humains ne font aucun effort et moi je suis pas un magicien ». On s'est embrouillé un petit moment et c'est là que je me suis rendu compte que l'amour était sympa mais que, quand même il se la raconte. Puis il m'a dit qu'il devait partir, il avait des rendez-vous par centaines. Que ce soir il devait dîner chez sa demi-sœur : la haine.

    Un peu plus tard sur mon chemin j'ai rencontré la tendresse. Ce qui reste de l'amour derrière les barrières que le temps dresse.

    Un peu plus tard sur mon chemin j'ai rencontré la nostalgie, la fiancée des bons souvenirs qu'on éclaire à la bougie.

    Assez tôt sur mon parcours j'avais rencontré l'amitié et jusqu'à ce jour, elle marche toujours à mes côtés. Avec elle je me tape des barres et on ne connaît pas la routine. Maintenant c'est sûr, l'amitié, c'est vraiment ma meilleure copine.

    (Slam de Grand Corps Malade)

     

    Afrique

     

    Proverbes africains :

    " Ne repousse pas du pied la pirogue qui t'a déposé sur la berge."

    " Le serpent oublie qu'il a mordu la poule, mais la poule n'oublie jamais ! "

    " le coq qui chante si fièrement aujourd'hui ne dois pas oublier qu'il vient d'un oeuf "

    " On ne peut aider un bœuf à se relever que s'il s'efforce lui-même de le faire "

    " Aller doucement n'empêche pas d'arriver "

    Spleen

    Je veux assoupir ton cafard, mon amour, et l'endormir , te murmurer ce vieil air de blues pour l'endormir.
    C'est un blues mélancolique, un blues nostalgique, un blues indolent et lent.
    Ce sont les regards des vierges couleur d'ailleurs, l’indolence dolente des crépuscules.
    C'est la savane pleurant au clair de lune, je dis le long solo d'une longue mélopée.
    C'est un blues mélancolique, un blues nostalgique, un blues indolent et lent.
      

    Départ

    Je suis parti par les chemins bordés de rosée où piaillait le soleil.
    Je suis parti loin des jours croupissants et des carcans, vomissant des laideurs à pleine gueule.
    Je suis parti pour d’étranges voyages, léger et nu, sans bâton ni besace, sans but.
    Je suis parti pour toujours sans pensée de retour.
    Vendez tous mes troupeaux, mais pas les bergers avec.
    Je suis parti vers des pays bleus, vers des pays larges, vers des pays de passion tourmentés de tornades, vers des pays gras et juteux.
    Je suis parti pour toujours, sans pensée de retour. Vendez tous mes bijoux. 
     

    Je viendrai

    Je viendrai, mon Seigneur élancé, je viendrai, toute fervente et frémissante de ma longue attente et bientôt toute engourdie de bonheur. Je viendrai, mon ami, je viendrai, je vois tes gestes, je vois tes yeux. Je me laisserai submerger sous tes caresses profondes.
    Je viendrai, mon Aimé, je viendrai. Je toucherai tes mains fortes et fines, tes paupières lourdes, et je serai la proie de ta bouche violente.
    Je viendrai, mon Sadio, je viendrai. Ton amour m'est chose si intime, si dense, que je le sens en moi net comme couteau de jet, mais mêlé à mon moi, mais confondu désormais avec le sang de mes veines.

    Léopold Sédar Senghord 

     

    El desaparecido

     

     
    Me llaman el desaparecido
    Que cuando llega ya se ha ido
    Volando vengo volando voy
    Deprisa deprisa rumbo perdido
     
    …………
    Perdido en el siglo
    Perdido en el siglo
    ………  
     
     
       
    El desaparacido - Manu Chao
     
     
    On m’appelle le disparu.
    Quand j’arrive, je suis déjà parti.
    Aussitôt que je suis là, je m’envole déjà ailleurs
    Vite vite vers une direction perdue.
     
    Quand on me cherche, je ne suis jamais là.
    Quand on me trouve, ce n’est pas moi celui qui est en face
    Car je suis déjà parti loin. 
     
    On m’appelle le disparu.
    Je suis celui qui n’est jamais là.
    On me dit ingrat mais ceci n’est pas vrai. 
     
    Je porte dans le corps une douleur
    Qui ne me permet pas de respirer.
    Je porte en moi une peine
    Qui me fait toujours marcher.  
     
    On m’appelle le disparu.
    Quand j’arrive, je suis déjà parti.
    Aussitôt que je suis là, je m’envole déjà ailleurs
    Vite vite vers une direction perdue.
     
    J’ai dans le corps un moteur
    Qui n’arrête jamais de rouler.
    J’ai dans l’âme un chemin qui ne finit jamais.
     
    Quand on me cherche, je ne suis jamais là.
    Quand on me trouve, ce n’est pas moi celui qui est en face
    Car je suis déjà parti loin.
     
    On m’appelle le disparu.
    Quand j’arrive, je suis déjà parti.
    Aussitôt que je suis là, je m’envole déjà ailleurs
    Vite vite vers une direction perdue.  
     
    Perdu dans le siècle
    Perdu dans le siècle
    Le XX siècle.
    Direction le XXIe siècle.
     
    Perdu dans le siècle, on est déjà dans le XXIe siècle. 
    On m’appelle le disparu, quand vais-je arriver ….
    Perdu dans le siècle, quand vais-je arriver ….
    A la recherche d'un idéal. 
     

    Les voix du Métèque

     

    Je n’ai pas bougé mon corps sur les rythmes saccadés de Ma Benz de Joey Starr quand le morceau passait à ce moment là dans tous les discothèques et bars musicaux et je n’ai pas dans les oreilles Pose ton gun ou J’arrive, comme certains qu’on voit assis dans le métro ou dans le bus, déconnectés de nous le temps de leur trajet mais présents dans leur casque.

    Par contre, je suis allée écouter le Métèque, la reprise de Moustaki, un peu par curiosité pour voir l’interprétation qu’il en a faite et par nostalgie de cette chanson que j’entendais fredonner quand j’étais petite.

    Deux styles pour un cri d’un ton différent.

    Le Métèque (Georges Moustaki)

     
    Avec ma gueule de métèque
    De Juif errant, de pâtre grec
    Et mes cheveux aux quatre vents
    Avec mes yeux tout délavés

    Qui me donnent l'air de rêver
    Moi qui ne rêve plus souvent
    Avec mes mains de maraudeur
    De musicien et de rôdeur
    Qui ont pillé tant de jardins
    Avec ma bouche qui a bu
    Qui a embrassé et mordu
    Sans jamais assouvir sa faim

    Avec ma gueule de métèque
    De Juif errant, de pâtre grec
    De voleur et de vagabond
    Avec ma peau qui s'est frottée
    Au soleil de tous les étés
    Et tout ce qui portait jupon
    Avec mon cœur qui a su faire
    Souffrir autant qu'il a souffert
    Sans pour cela faire d'histoires
    Avec mon âme qui n'a plus
    La moindre chance de salut
    Pour éviter le purgatoire

    Avec ma gueule de métèque
    De Juif errant, de pâtre grec
    Et mes cheveux aux quatre vents
    Je viendrai, ma douce captive
    Mon âme sœur, ma source vive
    Je viendrai boire tes vingt ans
    Et je serai prince de sang
    Rêveur ou bien adolescent
    Comme il te plaira de choisir
    Et nous ferons de chaque jour
    Toute une éternité d'amour
    Que nous vivrons à en mourir

    Et nous ferons de chaque jour
    Toute une éternité d'amour
    Que nous vivrons à en mourir 
     
     

    Le Métèque (Joey Starr)  

    Avec ma gueule de métèque
    Ma ganache de nègre errant
    Toujours aussi réfractaire à vouloir rentrer dans le rang
    Avec vous je serai franc, franc au possible
    Dans l’rang impossible votre morale au crible
    Qu'on me déleste de mon ego
    Ça me rend psycho, j'sors les crocs

    Ça me rend psycho dans mon flow et là il y a plus d'idéaux
    Et donc je deviens accro à la suffisance, la violence
    Et là vous brave gens, ah c'en est trop
    Avec ma gueule de métèque mon œil de prédateur
    En phase avec son temps, j’ai poussé sans tuteur
    Poussé comme une mauvaise herbe
    Comme un môme croate ou serbe
    Qu’on me dit que mon attitude fout la gerbe
    C’est la merde, c’est la merde

    Avec ma gueule de métèque rafistolée qui s'est bastonné
    A qui on a tout pris tout volé si peu donné
    J’ai pris des branlées par un père déserteur
    Au point d’espérer qu'en enfer il y ait du bonheur
    La perception atrophiée
    Et c’est pas votre moralité qui m'a habillé
    Parce qu’anormal est l’isolement dans lequel j'ai pu nager
    Dans lequel on m'a plongé
    Auquel personne n'a jamais voulu rien changer
    Avec ma gueule de métèque abreuvé par la passion
    Mon sacerdoce est ma mission et si récompense il y a
    Mon cœur me guide au trépas
    Rien est acquis j’ai toujours appris
    Ca m'inquiète pas

    Avec mon air aigri amer, galbé comme un fil de fer
    Affûté pour la guerre j’roule pour la maison mère
    Avec ma gueule j’fais belek
    J'ai pas une ganache de dieu grec
    Il est possible qu'on m'arrête ou par erreur qu'on m'affrète
    Avec ma bouche qui a trop bu mon air obtus qui pue la rue
    Cette façon d’être à raffut et en même temps d'être à la rue
    Avec mes yeux tout délavés qui me donnent l'air de rêver
    Avec mes rêves de délinquant
    Mes coups d’sang incessants
    Avec ma gueule de métèque
    Héritière dune souffrance lointaine
    J’veux pas finir en victime ni même finir à Fresnes
    Avec son visage ses yeux verts
    Tout me rapproche de ma mère
    Tout m'éloigne de mon père grâce à qui j'ai ce goût amer
     

    Une chanson désarmée

     

    "A quoi sert une chanson
    Si elle est désarmée ?",
    Me disaient des chiliens,
    Bras ouverts, poings serrés.

    Comme une langue ancienne
    Qu'on voudrait massacrer,
    Je veux être utile
    À vivre et à rêver.

    Comme la lune fidèle
    A n'importe quel quartier,
    Je veux être utile
    À ceux qui m'ont aimé,

    À ceux qui m'aimeront
    Et à ceux qui m'aimaient.
    Je veux être utile
    À vivre et à chanter.

    Dans n'importe quel quartier
    D'une lune perdue,
    Même si les maîtres parlent
    Et qu'on ne m'entend plus,

    Même si c'est moi qui chante
    À n'importe quel coin de rue,
    Je veux être utile
    À vivre et à rêver.

    À quoi sert une chanson
    Si elle est désarmée ?

    (Etienne Roda-Gil)